Que l’écriture ne soit pas qu’un moyen pour exprimer des affects ou exposer des idées, nul plus que Jean Ricardou n’y a été sensible : il l’appréhendait comme une pratique ayant pour enjeu d’explorer pas à pas, avec esprit de suite, les effets des interactions entre les mots, dans leur matérialité ainsi que leurs effets de sens, en lien avec l’espace qu’ils investissent, de manière à construire une trame d’où procède une leçon qui n’est pas d’avance déterminée. C’est à ce principe de fabrication que renvoie le nom de textique donné à la discipline qu’il a initiée.
Mais, bien avant de se lancer dans l’élaboration d’une théorie qui s’efforce de prendre en compte exhaustivement les mécanismes et les structures de l’écrit ainsi que les opérations de l’écriture, Jean Ricardou a constamment suivi, dans le domaine de la fiction comme en étudiant les productions d’autres écrivains, la piste des profuses relations propres à organiser les textes en leur donnant une remarquable consistance.
C’est à revenir sur les implications de ce fil conducteur, qui a guidé l’ensemble de son activité, qu’est dédié ce bref colloque associant des recherches sur les retombées d’une telle approche aussi bien dans le domaine littéraire que dans ceux des arts plastiques et de la musique. Ce sera l’occasion aussi, dix ans après sa disparition, de faire le point sur les nombreuses publications et rééditions de ses ouvrages, parues depuis ou programmées pour les années à venir.
Pour plus d’informations, consulter le site du CCIC : https://cerisycolloques.fr/jeanrica...



