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Mme de Lafayette ou les passions subjuguées

Une biographie en contexte

lundi 8 février 2021, par Nathalie Grande

Tenter de dépoussiérer l’image de Mme de Lafayette, autrice la plus reconnue de la littérature française par les manuels et les programmes scolaires, telle est l’ambition de cette biographie. La publication récente dans la collection de la « Bibliothèque de la Pléiade » (2014), par les soins de Camille Esmein-Sarrazin, de l’intégralité de son œuvre, correspondance y comprise, a rendu facilement accessible de très nombreux documents. Mes propres travaux sur les romancières du XVIIe siècle (Stratégies de romancières, Champion, 1999) et plus généralement sur l’accès des femmes à la culture profane et leur place dans les mutations de la société mondaine qui se jouent au Grand Siècle, m’ont permis de prendre Mme de Lafayette comme exemple particulier d’un parcours de femme et d’écrivaine, en la resituant dans la culture (la Préciosité, les structures du premier champ littéraire...), la société (la promotion sociale sous l’Ancien Régime, la vie de famille, la condition féminine, les hiérarchies sociales…) et l’histoire (la vie de cour, les réseaux d’influence…) de son temps. De la même manière, chacune des œuvres d’une romancière trop souvent ramenée à un titre unique a fait l’objet d’une analyse pour la resituer à chaque fois dans son contexte de publication.

Ce n’est pas la première fois qu’une biographie de Mme de Lafayette est proposée : Bernard Pingaud avait écrit une première étude, en 1966, dans la collection des « Écrivains par eux-mêmes », et Roger Duchêne avait rédigé la première biographie en 1988 pour les éditions Fayard (Madame de Lafayette, la romancière aux cent bras). Cependant, ces ouvrages datent, et pas seulement en raison de leur année de publication, mais aussi par une approche souvent assez traditionnelle de la condition de la femme écrivaine. Or le genre de la biographie, si désuet soit-il, permet cependant, par la magie de la mise en intrigue, de diffuser bien des connaissances et des idées. Il offre aussi à la/au spécialiste de se soumettre à l’épreuve de la recherche d’une indispensable cohérence narrative, l’obligeant par là-même à adopter le regard de son objet, à entrer dans sa vie intérieure. Car même si on privilégie une approche globale et factuelle plutôt qu’une saisie psychologisante et intime, on doit passer par cette périlleuse, mais ô combien éclairante, expérience de pensée : se mettre dans la peau d’un-e autre.

Mettre en ligne, gratuitement à disposition des étudiant-e-s et des collègues du secondaire, le fruit de ce travail vise à tenter de rajeunir l’image des écrivaines, en particulier des écrivaines d’Ancien Régime, à montrer comment les revendications et les créations des femmes d’aujourd’hui s’inscrivent dans une histoire pluriséculaire, et dont la fin n’est pas écrite. Bonne lecture à toutes et à tous !

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À propos de l'auteur

Nathalie Grande

Professeure des universités - Littérature française du XVIIe siècle

Société et littérature au Grand Siècle ; la galanterie ; les écrivaines du XVIIe siècle : oeuvres, biographies et réception ; fictions narratives : romans, nouvelles historiques, histoires tragiques, contes...

Courrier électronique : Nathalie Grande


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